Interview d'Allan ABRAHAM, étudiant en droit et ancien de Saint-Michel

Arrivé à Saint-Michel en classe de sixième, Allan ABRAHAM y a construit les bases de son parcours avant de poursuivre des études de droit à l'Université Catholique de Lyon. Passionné par une discipline qu'il considère comme une véritable « clé universelle », il revient sur son orientation, les défis rencontrés durant sa scolarité et l'accompagnement reçu à Saint-Michel. Il partage également ses conseils aux futurs étudiants, entre autonomie, entraide et persévérance.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m'appelle Allan ABRAHAM. Je suis actuellement étudiant en droit et je viens d'obtenir ma licence. À la rentrée, je souhaite poursuivre mes études en master afin de me spécialiser davantage.
J'ai intégré Saint-Michel en classe de sixième, en 2015, et j'y suis resté jusqu'à l'obtention de mon baccalauréat en 2023. J'ai ensuite poursuivi mon cursus à l'Université Catholique de Lyon, sur le campus d'Annecy, où j'ai effectué mes trois années de licence.
À terme, je souhaiterais exercer comme juriste en entreprise, même si le métier de magistrat m'intéresse également. Aujourd'hui, je me projette davantage dans le rôle de juriste, car il permet d'accompagner les entreprises sur toutes les questions liées au droit. Le juriste apporte son expertise juridique, aide à interpréter les textes et accompagne les dirigeants dans leurs prises de décision. C'est un métier très varié qui demande une bonne compréhension des règles juridiques et une capacité à les appliquer à des situations concrètes.
Pourquoi avoir choisi des études de droit ?
Le droit m'attirait depuis longtemps, mais ce n'était pourtant pas mon premier projet professionnel. Au départ, je souhaitais m'orienter vers la médecine afin de devenir kinésithérapeute. J'ai eu l'occasion d'effectuer un stage dans ce domaine, mais cette expérience m'a amené à réfléchir davantage. Étant atteint de la maladie des os de verre, qui rend mes os particulièrement fragiles, j'ai réalisé que ce métier pouvait être difficile à exercer sur le long terme, notamment en raison de certaines contraintes physiques.
C'est en fin de troisième que je me suis replongé dans l'idée de faire du droit. J'ai participé à plusieurs salons étudiants, visité différentes écoles, notamment l'Université Catholique de Lyon, et j'ai rapidement compris que cette discipline pouvait m'ouvrir de nombreuses perspectives professionnelles. Cette diversité des débouchés a définitivement confirmé mon choix.
Ce qui me passionne dans le droit, c'est qu'il est présent partout dans notre quotidien. Il permet de comprendre les situations auxquelles chacun peut être confronté, qu'il s'agisse de litiges entre particuliers, de problématiques commerciales ou de questions liées aux entreprises. Le droit permet souvent de trouver des solutions, que ce soit devant un tribunal ou grâce à un accord amiable. Pour moi, c'est presque une « clé universelle » qui aide à comprendre et résoudre de nombreuses situations.
D’après vous, quelles seraient les qualités nécessaires pour devenir juriste en entreprise ?
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, il ne s'agit pas d'apprendre l'intégralité du droit par cœur. À l'université, un de mes professeurs répétait souvent qu'un bon juriste est avant tout quelqu'un qui sait utiliser son Code.
La qualité essentielle est donc de savoir manier les outils juridiques. Il faut comprendre les mécanismes du droit, savoir rechercher les informations pertinentes et utiliser efficacement les différents codes. Bien sûr, il est indispensable de posséder de solides bases juridiques, mais ce qui fait réellement la différence, c'est la capacité à mobiliser ces connaissances au bon moment plutôt que de tout mémoriser.
Quel a été le plus grand défi durant vos études ?
Le plus grand défi a sans aucun doute été ma première année de licence. Il a fallu apprendre à utiliser les différents codes, notamment le Code civil et le Code pénal.
Au début, ces ouvrages peuvent sembler impressionnants. Ils regroupent une quantité considérable d'articles et il est facile de s'y perdre. Se familiariser avec leur fonctionnement demande du temps et de la pratique. D'ailleurs, beaucoup d'étudiants rencontrent cette même difficulté, parfois encore en deuxième année.
Avec le temps, j'ai compris que ces codes sont de véritables outils de travail. Certains enseignants les considèrent comme une béquille, mais, selon moi, ils constituent surtout un support indispensable pour progresser efficacement.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui souhaitent faire des études de droit ?
Je leur conseillerais avant tout de prendre le temps de découvrir leur Code dès le début de leurs études, voire quelques jours avant la rentrée.
Il n'est évidemment pas nécessaire de le lire intégralement, mais il est très utile de parcourir sa structure, en particulier la table des matières. C'est un outil extrêmement précieux, car elle permet de retrouver rapidement les notions recherchées ainsi que les articles correspondants. Cette méthode fait gagner énormément de temps lorsque l'on travaille sur un cas pratique ou un dossier juridique.
Je leur dirais également de ne pas se laisser impressionner par la réputation des études de droit. Beaucoup pensent qu'il s'agit uniquement de mémorisation, alors que la réussite repose surtout sur la compréhension des mécanismes juridiques, une bonne organisation et une utilisation efficace des outils mis à disposition.
Pourquoi avoir choisi Saint-Michel ?
Lorsque je devais entrer au collège, plusieurs personnes de mon entourage, notamment mes parents, me parlaient régulièrement de Saint-Michel. J'ai rapidement eu le sentiment que Saint-Michel correspondait à ce que je recherchais. Les objectifs étaient exigeants, mais je savais que l'établissement mettrait tout en œuvre pour accompagner ses élèves vers la réussite.
C'est d'ailleurs ce qui m'a convaincu d'y rester jusqu'au baccalauréat. Avec le recul, je considère que ce fut un excellent choix.
Qu'est-ce que Saint-Michel vous a apporté ?
L'un des principaux apports de Saint-Michel a été l'autonomie. Avant mon arrivée, je sollicitais beaucoup mes parents pour travailler. Progressivement, grâce aux méthodes mises en place par les enseignants, j'ai appris à devenir plus autonome et à prendre confiance en moi.
J'ai également beaucoup apprécié le suivi proposé par l'établissement. Lorsque certains élèves rencontraient des difficultés, des séances d'accompagnement personnalisé étaient organisées en petits groupes. Les professeurs étaient toujours disponibles pour répondre aux questions et aider chacun à progresser.
Avec le recul, je réalise que cette exigence nous préparait déjà aux études supérieures. Les enseignants demandaient beaucoup de travail, mais leur objectif était avant tout de nous donner les outils nécessaires pour réussir une fois arrivés à l'université. Ils savaient trouver le bon équilibre entre accompagnement et responsabilisation.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants actuels ?
Je leur dirais de ne pas rester seuls lorsqu'ils arrivent dans l'enseignement supérieur.
L'université représente souvent un environnement totalement nouveau. Beaucoup quittent leurs amis, changent de ville ou découvrent un nouveau rythme de travail. Il est donc essentiel de créer rapidement un cercle de confiance composé de camarades avec lesquels échanger, travailler et s'entraider.
J'ai moi-même vécu cette situation en arrivant en licence, car je ne connaissais personne. Pourtant, en allant vers les autres, j'ai pu construire un groupe d'amis qui m'a beaucoup aidé durant mes études. Cette entraide a joué un rôle important dans ma réussite.
Je leur conseillerais également de croire en leurs capacités, de rester organisés, de relire régulièrement leurs cours et de ne pas abandonner face aux premières difficultés. Avec de la persévérance et une bonne méthode de travail, il est tout à fait possible de réussir.
Avez-vous une anecdote marquante à partager sur vos années à Saint-Michel ?
Après avoir passé huit années à Saint-Michel, j'ai naturellement créé des liens très forts avec mes professeurs. Lorsque j'ai annoncé mon départ après le baccalauréat, plusieurs enseignants m'ont lancé en plaisantant : « Toi, tu ne vas pas nous quitter ! Tu ne vas pas nous lâcher les baskets ! » Toute la classe avait éclaté de rire.
Cette anecdote est restée gravée dans ma mémoire, car elle reflète les relations humaines qui existent au sein de l'établissement. Les professeurs suivent leurs élèves, s'intéressent à leur parcours même après leur départ et sont toujours heureux d'avoir de leurs nouvelles.
Aujourd'hui encore, de nombreux anciens élèves reviennent régulièrement leur rendre visite. C'est également mon cas. Lorsque j'en ai l'occasion, je passe les voir et je leur apporte des chocolats avant les vacances de Noël. Ce lien durable entre les enseignants et leurs anciens élèves est, selon moi, l'une des plus grandes richesses de Saint-Michel.
