Interview d’Amandine DE NANTES, Conseillère en Propriété Industrielle

À 46 ans, Amandine DE NANTES dirige un cabinet spécialisé dans la propriété industrielle, avec une expertise unique mêlant technique et droit. De ses débuts à Saint-Michel jusqu’à la reprise du cabinet familial, elle nous raconte son parcours, ses missions, les défis du métier et l’importance de l’accompagnement client. Un témoignage passionnant sur un métier rare et stratégique.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?
Je m’appelle Amandine DE NANTES, j’ai 46 ans et je suis ancienne élève de Saint-Michel. J’y suis entrée en 1986 en CP et y suis restée jusqu’à la terminale. Aujourd’hui, je suis Conseillère en Propriété Industrielle, une profession réglementée. Je m’occupe principalement de l’obtention des droits et de la défense en cas de contrefaçon de brevets, marques, dessins et modèles.
Après le bac, j’ai intégré l’École polytechnique fédérale de Lausanne en section microtechnique. Je suis ingénieure à la base, et j’ai ensuite complété ma formation par du droit spécialisé en propriété industrielle. C’est un métier qui demande à la fois des compétences techniques et juridiques, car il faut comprendre les inventions pour pouvoir les défendre efficacement.
La profession est peu courante, nous sommes environ 1 100 en France. J’ai racheté le cabinet de mes parents en 2015 avec mon mari, et la profession, dans sa forme actuelle, existe depuis 1992.
En quoi consiste votre métier aujourd’hui ? Quelle est la journée type pour vous ?
Notre mission principale est d’accompagner les inventeurs et les créateurs afin d’obtenir des droits qui empêcheront les tiers de copier leurs innovations/créations. Nous assurons également la défense de ces droits en cas de contrefaçon.
Nous travaillons beaucoup sur la relation client (comprendre les besoins, suivre le client et déterminer la meilleure stratégie de protection). Il faut ensuite mettre en musique ces besoins en respectant les contraintes et obligations juridiques. Une journée peut varier, mais elle inclut beaucoup de discussions avec les clients pour vulgariser les concepts juridiques, leur permettre d’être acteurs de leur protection et les accompagner dans la défense de leurs investissements, qu’il s’agisse de recherche & développement ou marketing.
On fait appel à nous par exemple lors de la création d’une entreprise pour protéger un nom de marque ou pour protéger des solutions techniques via des brevets. Ce que j’apprécie le plus dans mon métier, c’est l’accompagnement de clients et le fait de contribuer à la vie économique du territoire en aidant les chefs d’entreprise à protéger leurs investissements.
Quelles sont les qualités essentielles pour exercer votre métier ?
Il faut avant tout être humble, discret, ouvert d’esprit et adaptable aux besoins des clients. Écouter attentivement est indispensable, car chaque invention est nouvelle et unique. L’accompagnement client est au cœur de notre métier. Il exige de comprendre la technique, d’expliquer le droit et de guider le client dans ses décisions.
Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?
Le principal challenge est de convaincre les entrepreneurs que nous sommes là pour les aider et que notre matière est un investissement bénéfique.
Pourquoi avez-vous choisi cette voie initialement ?
Je suis tombée dans ce métier presque naturellement, car j’ai repris le cabinet de mes parents. Bien que Saint-Michel ne m’ait pas directement orientée vers cette carrière, l’école m’a offert un développement humain exceptionnel. Les expériences culturelles, les conférences et l’ouverture d’esprit que j’y ai reçues m’ont permis de devenir autonome, curieuse et engagée dans les projets.
Quelles compétences Saint-Michel vous a-t-elle permis de développer ?
Ce qui m’a le plus marqué, c’est la possibilité de m’investir dans des projets et de m’occuper des plus jeunes élèves. Cela m’a permis d’acquérir des compétences en management, en animation de groupes et en organisation de projets. L’ouverture culturelle et l’esprit familial de Saint-Michel m’ont façonnée, et cela continue à m’animer dans ma vie professionnelle et personnelle.
Quel conseil donneriez-vous aux futurs diplômés ?
Je leur dirais de profiter pleinement de toutes les activités proposées, de tester, d’oser se mettre en mouvement et de s’ouvrir à différentes expériences. Cela leur permet de développer leur curiosité, leur autonomie et leur esprit d’initiative, des qualités essentielles pour réussir dans leur futur métier et dans la vie.
Une anecdote marquante ?
Les liens que j’ai tissés avec mes camarades et mes enseignants restent exceptionnels. Je me souviens des enterrements de vie des terminales où les professeurs participaient aux jeux des élèves. Ces moments illustrent l’esprit de proximité et d’accompagnement qui a toujours caractérisé Saint-Michel. Cet esprit salésien de « soyons ce que nous sommes et soyons le bien » reste profondément ancré en moi et influence ma façon de travailler et de vivre au quotidien.
