Interview d’Elise POLES, Ingénieure de formation

Ancienne élève du lycée Saint-Michel, Elise POLES a longtemps cherché sa voie avant de découvrir un métier qui réunissait tout ce qu’elle aimait : transmettre, expliquer et accompagner. Aujourd’hui diplômée d’un master en ingénierie de formation et médias numériques, elle revient sur son parcours, ses expériences professionnelles. Et sur les défis d’un secteur où il faut sans cesse convaincre que l’on peut apprendre autrement.
Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?
Je m’appelle Elise POLES, j’ai 24 ans et je suis actuellement à la recherche d’un emploi dans le domaine de l’ingénierie de formation. J’ai terminé en septembre un master en ingénierie de formation et médias numériques. J’ai effectué la deuxième année en alternance dans une entreprise industrielle du secteur de la défense. À la suite de cette expérience, j’ai réalisé un CDD dans la même entreprise avant de partir faire une saison de ski à La Plagne.
Dans mon parcours, j’ai testé beaucoup de choses avant de trouver ma voie. Avant même mes études supérieures, j’ai fait tout mon collège et mon lycée à Saint-Michel, où j’ai obtenu un bac ES avec spécialité SES et mathématiques. J’ai d’abord suivi une licence MIASHS (mathématiques et informatique appliquées aux sciences humaines et sociales) à Lyon 2, avec une spécialisation en économie. En parallèle, j’ai également effectué une licence de droit numérique à Assas, entièrement en ligne. Ensuite, j’ai intégré un master d’ingénierie de formation et médias numériques à l’INSPE de Paris, en partenariat avec la Sorbonne.
Pourquoi avoir choisi l’ingénierie de formation ?
Au départ, je ne pensais pas du tout travailler dans ce domaine. J’aimais énormément les mathématiques, l’informatique et le droit, mais je ne me projetais pas dans les métiers liés à ces études. En parallèle, je faisais beaucoup d’activités dans l’animation et j’ai obtenu mon BAFA. C’est là que j’ai découvert à quel point j’aimais transmettre, expliquer et accompagner les autres. Avec le recul, je me rends compte que cette envie était déjà présente depuis longtemps. Au lycée, par exemple, je reprenais souvent les cours avec d’autres élèves pour les aider à comprendre certaines notions. J’aimais vraiment décomposer les problèmes pour les rendre plus simples et accessibles.
Un jour, on m’a expliqué que la formation était un véritable métier. J’ai alors commencé à chercher des masters dans ce domaine et je me suis rendue compte que cela correspondait parfaitement à ce que je recherchais. C'est-à-dire aider les gens, transmettre des connaissances et travailler sur des sujets variés. C’est un métier qui permet de toucher à énormément de domaines différents, ce qui me plaît beaucoup.
En quoi consiste ton métier au quotidien ?
Le métier d’ingénieur de formation est extrêmement large. Mon rôle principal consiste à faire le lien entre des personnes qui possèdent des connaissances et celles qui ont besoin de les acquérir.
Dans mon expérience précédente, je travaillais dans une entreprise industrielle avec des adultes, alors même que je ne venais pas du tout de ce milieu. Mais justement, ce métier ne demande pas forcément d’être expert du domaine. Il faut surtout comprendre les besoins des apprenants et construire des solutions adaptées. Concrètement, les missions commencent souvent par le recueil de besoins. Il faut aller sur le terrain, discuter avec les salariés, comprendre leurs problématiques, observer leurs tâches quotidiennes ou encore analyser leurs fiches de poste. Ensuite, nous identifions les compétences à développer et les solutions les plus pertinentes. Une fois cette phase réalisée, il faut trouver les bons experts, concevoir des contenus pédagogiques et organiser les formations. Cela implique aussi toute la partie logistique : planification, coordination, suivi des apprenants et amélioration continue des dispositifs de formation.
Aujourd’hui, je cherche plutôt à travailler avec des collégiens ou des lycéens, mais je peux intervenir auprès de publics très différents. Je n’ai pas vraiment de spécialité liée à une tranche d’âge, même si je me sens moins attirée par la petite enfance.
Quels sont les principaux défis dans ce métier ?
L’un des plus grands défis concerne les mentalités autour de la formation. Beaucoup de personnes restent attachées à des formats très classiques, comme les conférences descendantes ou les présentations très théoriques. Pourtant, les pédagogies actives (les jeux, les simulations, les mises en situation) sont souvent beaucoup plus efficaces. Mais certaines personnes ont encore l’impression que si une formation est ludique et interactive, elle est moins sérieuse. Il faut donc réussir à faire évoluer les habitudes et convaincre aussi bien les apprenants que les experts ou les décideurs.
Parfois, on a un peu l’impression de devoir convaincre tout le monde en même temps. Cela demande du temps, de la pédagogie et beaucoup de diplomatie, mais quand les personnes voient les résultats, elles finissent généralement par être satisfaites.
Quelles qualités faut-il avoir pour exercer ce métier ?
La première qualité est clairement l’écoute. Il faut être capable de comprendre la réalité du terrain et les besoins spécifiques des apprenants sans imposer systématiquement sa propre vision. Ensuite, il faut être créatif. Chaque situation est différente et demande des solutions adaptées. Il faut réussir à proposer des formats engageants, agréables et innovants tout en restant pertinents pédagogiquement. Enfin, je dirais l’adaptabilité. Les contextes changent souvent, les publics aussi, et il faut savoir ajuster ses méthodes en permanence.
Pourquoi avais-tu choisi le lycée Saint-Michel ?
À l’époque, mon lycée de secteur était le lycée Gabriel Fauré, mais ce n’était pas forcément l’environnement qui correspondait le mieux à ce que je recherchais, ni au niveau de l’ambiance, ni au niveau du cadre. Nous avions également des amis qui étaient déjà à Saint-Michel et qui nous en avaient fait de très bons retours. Personnellement, j’y ai passé de très bonnes années. C’est un établissement dans lequel je me suis sentie bien et qui me convenait vraiment.
Quel est ton meilleur souvenir au lycée Saint-Michel ?
Je dirais probablement le voyage aux États-Unis en classe européenne, lorsque j’étais en seconde. Après avoir passé 2 semaines en famille d’accueil, nous étions partis quelques jours à Seattle avec toute la classe et c’était un moment vraiment marquant. On avait créé une super dynamique de groupe et c’est un souvenir qui reste très fort pour moi.
Quel conseil donnerais-tu à des jeunes du lycée ?
Je pense qu’il ne faut surtout pas hésiter à tester plein de choses. Mon parcours montre justement qu’on peut explorer différents domaines avant de trouver ce qui nous correspond vraiment. Quand on commence ses études, on ne connaît pas forcément tous les métiers qui existent. Le mien, par exemple, je ne savais même pas qu’il existait avant de le découvrir. Et il y a énormément de professions méconnues ou qui apparaîtront peut-être dans les prochaines années. Il faut donc multiplier les expériences : stages, associations, activités extrascolaires, rencontres professionnelles… Beaucoup de gens acceptent volontiers de parler de leur métier et c’est souvent comme ça qu’on découvre ce qui nous plaît réellement. Le plus important, c’est de rester curieux et ouvert aux opportunités.
